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12 décembre 2013 4 12 /12 /décembre /2013 09:36

Elle n’accueille que du beau monde.

Le pisseur heureux, un homme sans complexe, souvent prof de musique. Il va se soulager en sifflant haut et fort. Il déverse une urine abondante et odorante tout en prenant l'air dégagé. Il vise correctement le fond de la cuvette pour profiter pleinement du bruit torrentiel d'un abat d'eau niagaresque. Il constate avec bonne humeur la mousse nacrée générée. Il vérifie que sa tuyauterie est bien vidangée et s'en retourne toujours en sifflant, oubliant soigneusement de tirer la chiasse d'eau.

Le pisseur pressé, souvent un prof de sport, arrive la braguette déjà ouverte considérant que le temps ne joue pas en sa faveur. Son flot s'épanche comme il pleut. La précision de son tir est approximative et un pourcentage peu élevé de sa production se retrouve dans la cuvette. Le reste, c'est à dire l'essentiel inonde le sol carrelé et sèche au vent du temps qui passe. Il n'oublie pas de marcher dedans, et d'imprimer sa marque d'une semelle humide.

Le pisseur avare, souvent l'Adjoint gestionnaire, ne commet aucun dégât. Il reste un long temps à attendre que cela vienne. Il est propre, mais torturé intellectuellement par la faiblesse de son rendement. Cela vient-il des reins, de sa tête. Une psychothérapie serait nécessaire. Pour l'instant, il se secoue dans tous les sens, invoque le Dieu de la gravité. Il appuie sur son ventre, presse son zizi, saute sur place, espère l'écoulement libérateur et s'en remet à demain pour une amélioration de la situation.

La pisseuse complexée, souvent la prof de français, vit dans la hantise d'être entendue derrière la porte fermée à double tours. Comme si quelqu'un pouvait avoir l'idée non avouable d'écouter une femme faire pipi ! Elle essaye de retenir son écoulement pour ne laisser passer qu’une goutte à goutte le moins sonore possible. Chaque goutte est espacée d'un temps suffisant pour que l'écouteur éventuel ait le temps de s'en aller. Une fois rhabillée elle sort prestement des lieux et regagne la sortie, la tête baissée et les joues rouges, surprise de sa propre audace.

L'incontinent, souvent un vieux prof d'histoire géo, est un être attachant au parcours sinueux. Son déplacement suit la piste de la cuvette accueillante ou, à la rigueur, du buisson feuillu. Il est en guerre contre sa montre, scrute sans cesse l'horizon. Son regard s'éclaire à l'apparition du temple libératoire.

Il adhère à la grande chaîne interincontinantale de la solidarité, pavée d'éponges et d'eau de javel.

Les chieurs, très souvent des profs de sciences, sont une catégorie de nuiseurs beaucoup plus performants.

Tout d'abord, la durée de l'occupation des locaux est plus longue puisque la tâche à accomplir est d'une densité dramatique plus élevée. Ce n'est pas pour rien que l'on nomme cette activité la "grosse commission", par rapport à la "petite commission", qui, elle, étant plus fréquente, est considérée comme plus banale. Quoique, les spécialistes vous le disent, il est plus facile de se retenir pour la grosse que pour la petite. Le débat reste donc ouvert.

Ensuite, le bruitage de l'opération est plus nuancé donc plus complexe.

Enfin, le chieur, souvent un prof principal, est un personnage dont on ne se débarrasse pas facilement. Une fois son méfait commis, et longtemps après son départ, il laisse dans les lieux investis une trace olfactive ne permettant aucun doute de la nature de son esprit d'entreprise.

Là, je ne parle que du chieur normal, mais le chieur, péteur, coliquard est beaucoup plus nuisible. Son sacerdoce déborde largement le cadre restreint du local mis à sa disposition. On le voit sortir du cabinet avec des airs de conspirateur. Il entrouvre la porte, s'assure que personne ne stationne dans les environs, ferme la porte avec précaution, et s'enfuit sur la pointe des pieds, satisfait d'avoir mis fin à une période d'angoisse, mais inquiet dans l'avenir que le destin lui réserve. Il sait, par expérience que la colique est un mal qui dit rarement son dernier mot après une entrée en matière.

Dans tout feu d'artifice il y a un bouquet final.

Il était représenté par le pisseur chieur incontinent et coliquard, souvent un vieux prof de math. Il arrive dans le couloir la mine inquiète et l'air préoccupé. Il s'engouffre dans les WC, les fesses serrées, les genoux collés, les pieds ouverts, les mains plaquées sur son avant et arrière train. Il s'accroche à la cuvette comme à une bouée de sauvetage. Mais il est bien trop tard. Son pantalon s'est alourdi de ses entrailles et ses chaussures s'emplissent du contenu de sa vessie.

Les W-C sont restés propres.

L'individu repart soulagé, avec la mine toujours aussi inquiète car, si la nature du problème a changé, la préoccupation demeure.

L'objectivité la plus élémentaire contraint d'aborder aussi le cas de ceux qui utilisent les toilettes pour assouvir une pulsion sexuelle. Une petite branlette par-ci par-là n'a jamais fait de mal à personne.

L'individu, souvent un jeune prof stagiaire, se présente donc aux W-C, le pantalon enflé par sa virilité exacerbée. Il mène les débats d'une main experte, et les yeux mi-clos, il laisse échapper sa semence qui tapit le mur opposé, réceptacle inerte mais néanmoins compréhensif. Le liquide gluant coule le long de la peinture, laissant une marque tangible d'un cimetière de spermatozoïdes morts au combat sans avoir livré bataille.

En ce qui concerne les toilettes des élèves, c'est la même chose mais en beaucoup plus démonstratif et exubérant.

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