Avec la vuvuzéla, la bombe atomique, les légumes verts et Mireille Dumas, le téléphone est la pire des inventions modernes.
Cette intrusion sonore dans votre vie quotidienne est intolérable. Sa sonnerie ne s’arrête pas à la sphère professionnelle,
Le téléphone ne choisit pas sa cible, il arrose largement. C’est la kalashnikof de la communication.
Une source d’informations fiables.
- -Allo ? C’est moi.
- -C’est toi ?
- -Oui, c’est moi, et toi ?
Une source de renseignements indispensables.
- - Ca va ?
- -Oui, ça va, et toi, ça va ?
- -Moi, ça va !
Une source d’emmerdements financiers.
- -Votre facture France Télécom n’a pas été payée…Vous allez recevoir la visite d’un huissier cannibale qui saisira votre mobilier, sodomisera votre femme, mangera vos enfants et adoptera votre chien.
Une source d’emmerdements tout court.
- -Allo, c’est mamie, je viens prendre de vos nouvelles.
Le téléphone a un fils sans fil, le téléphone portable. Où est mon téléphone ?
Elle cherche dans son sac, tombe sur un tampax usagé, une boite de pastille valda, un bulletin de vote pour Sarko, un mouchoir en papier, une calculette, une lettre du percepteur, une vieille facture d’électricité. Elle renverse son sac. Ne trouve rien de plus. Range le tout dans son sac. Puis elle se dit qu’avec ses lunettes elle trouvera mieux. Cherche les lunettes. Fouille dans son sac, tombe sur un tampax usagé, une boite de …Elle revide son sac. Ne trouve rien de plus. Furieuse elle se lève, les lunettes étaient sur son front. Elle abaisse les lunettes et voit le téléphone sur la chaise.
Cri de victoire ? Non, cri de détresse ! Le téléphone est vide. Elle cherche le chargeur. Malgré les lunettes elle ne le trouve pas. On gagne du temps car elle commence par vider son sac avant de chercher dedans et ne rien trouver.
Ne nous énervons pas, le chargeur doit être à sa place, sur l’étagère, au dessus du miroir, derrière la porte d’entrée.
Horreur, le miroir à disparu, l’étagère aussi et la porte n’est plus là. C’est vrai, on a déménagé il y a cinq ans…En fait le chargeur était à sa place, dans le congélateur planqué dans le cellier.
- - Maman, pourquoi tu prends pas mon chargeur, c’est le même que le tien.
C’est la solidarité de la grande communauté des possesseurs de portables. C’est une secte. Ils communiquent entre eux par messages codés en mode SMS écrit en langue étrangère, le T9.
Le portable est le garant de la sécurité.
Accident sur la route enneigée qui relie Sainte lavette sur Comédon à Pisse dru sur caniveaux, deux riantes cités du centre de la France, là où ce que les grands courants de civilisations ont soigneusement évité de transiter depuis l’âge de pierre. On y a récemment réintroduit la brebis pour nourrir les loups qui bouffaient les grands mère de la maison de retraite.
Votre voiture à percuté le chasse neige immobilisé par un panne d’essence. Elle a fait un tête à queue, trois tonneaux. Vous êtes là, sur la vaste plaine, du trèfle plein les naseaux, le bras cassé et la jambe en accent circonflexe. Vous attrapez votre portable de votre dernière main valide, d’une dent rageuse vous dégoupillez l’instrument en enfonçant la canine droite sur la touche verte. Le téléphone s’allume, le bib bib de la bombe artisanale s’entend…manque de pot, dans ces contrées sauvages et hostiles, le réseau est inexistant.
Vous serez retrouvé à demi-mort, deux jours plus tard, par deux ou trois lapins de Piga, pardon, de garenne, étonnés de vous voir bouger une paupière.
Une fois rétabli, cloué sur votre fauteuil roulant et agité de spasmes nerveux simulant la reprise d’une activité intellectuelle, votre future veuve, accompagné de son amant le plus proche, vous susurrera à l’oreille :
- -Tu vois mon chéri, c’est ton portable qui t’a sauvé la vie !
Si j’ai un conseil à donner : mettre son portable en mode vibreur dans sa culotte et attendre le 31 Décembre que la foule de vos amis vous appelle pour vous souhaiter la bonne année.
Après la journée de la jupe et avant la journée de la poule, voici venir la journée de la dinde.
Elle tombera le 25 Décembre.
Ce n’est pas l’intelligence de l’animal qui retiendra notre attention et les quelques grammes de son cerveau sont peu de chose par rapport au poids de sa viande.
Dans sa grande sagesse, Dieu lui a retiré la parole pour lui léguer le glougloutement, ce qui ne change rien à l’intérêt de sa conversation, ni à la profondeur de sa réflexion mais quand même ça fait un drôle de son lorsque le bec s’entrouvre sur un bruit d’évier dont le siphon a été monté à l’envers.
La dinde est remarquable par la grosseur de ses pectoraux, sa cuisse haute et légère, son croupion déplumé et sa très légère couche de graisse fondante à la cuisson.
Pour Noël, elle sera fourrée à la châtaigne, idée saugrenue venant d’un autre âge, celui où le marron était la base de toute discussion et où le mâle le plus grand, le plus fort et le plus abruti gagnait à tous les coups et s’envoyait en l’air avec la belle en réduisant les préliminaires à leur plus simple expression.
Lorsque la dinde s'appelle Jeanne et qu'elle habite du côté de Rouen, elle sera flambée au cognac, histoire de donner de la saveur à ses sots l'y laissent.
Il faut choisir une dinde encore jeune dont l’expérience de la vie n’a pas dégradé le corps. L’âge affaisse les pectoraux, les tendons se raffermissent et l’onctuosité du début s’efface devant la dureté des répliques, l’imprévisibilité des humeurs et la mauvaise foi de celles qui ont la rate au court bouillon.
La dinde sort accompagnée,
Par un mec qui a la tronche dans le pâté, on dit du pâté de tête. Appelé aussi pâté de foi lorsqu’il descent du ciel. On dit aussi du foi gras si on y ajoute un peu de graisse de canard.
Le pâté, c’est du lourd. Homogène. Compacte. Il envoie le cholestérol et les calories. Une petite rillettes du coin des lèvres, le pâté tartiné sur une épaisse tranche de pain vient boucher l’orifice buccal, celui qui sert à ventiler les molaires et à ingurgiter du carburant dans le con burant.
Si ça coince, on enfonce avec le pouce, la graisse du dessus se rebelle, elle entre dans les trous de nez, lubrifie les narines, s’épanche sur la moustache, ruisselle sur le menton.
Heureusement, c’est fête.
On a sorti les serviettes en papier.
Ne soyez pas un vrai sceptique, contrairement à votre femme, la fausse sceptique, le bol alimentaire, poussé et aspiré suivra son chemin jusqu’à bon port, dans ce cas là…bon porc !
La dinde sort raccompagnée,
Par une bûche. Elle est rude et au beurre. Taillée dans la masse du biscuit. Coupée à la scie par les meilleurs bûcherons vosgiens, finie à la hache et décorée avec soin par ces hommes dont la force de persuasion est égale à la grosseur des mollets et inversement proportionnelle à la minceur de la taille.
La décoration de la bûche est un moment délicat, confiée à un orfèvre en la matière grasse, une sorte d’enduit pâteux (la décoration, pas l’orfèvre), travaillé à la truelle, et coloré aux pigments naturels.
A titre indicatif, j’ai noté la formule secrète de cette coloration.
La touche finale, la cerise sur le gâteau :
l’élégant nain en plastique rouge juché sur un champignon de Paris en meringue recyclée, marque de l’élégance culinaire capitale.
Champignon symbole de l’osmose entre le bois mort et la vie végétale éternelle, symbole de l’osmose entre le pâtissier et la queue de sa casserole, entre le pied et la pédale, entre la main et le nain.
La bûche perdrait toute saveur sans son nain en plastique rouge, mais, principe de précaution oblige, une inscription en pain azyme rappelle aux distraits les dangers liés à une utilisation abusive de l’objet :
« attention, nain en plastique, toute ingestion volontaire reste de la responsabilité de l’ingérant ».
Mastiqué avec opiniâtreté, le nain en plastique est la partie la plus digeste de la bûche, mais pas seulement. Il peut aussi favoriser un excellent moment de convivialité avec des jeux incontournable comme le lancer de nain ou, chez les chinois, une partie de nain jaune.
Cependant attention aux mots qui fâchent ! Un nain n’est pas un nain, c’est une personne de petite taille. Une personne petite n’est pas petite, elle est verticalement déficiente.
Si vous n’aimez pas la dinde vous pouvez vous rabattre sur le homard.
« Homard m’a tué » n’est qu’une légende colportée par une morue mal braisée.
Un visage taillé à la serbe
Rien ne serbe de courir il faut partir à point
Astérix et la serbe d’or.
Un, deux, trois, quatre, cinq, six, serbe, huit
…toutes les expressions contenant le mot « serbe » sont à bannir du vocabulaire français depuis que nos vaillantes troupes ont subi une déculottée devant les hordes slaves.
Il s’agit de tennis, bien sûr.
Pourtant notre équipe avait sorti la grosse Bertha Llodra, l’arme fatale, l’homme qui dégaine sa raquette plus vite que son ombre, l’homme qui tire à balles jaunes sur l’adversaire, l’homme qui ne rend jamais service, l’homme froid comme un ace. Il devait rattraper la déroute du tirailleur sénégalais.
Il est monté au front sans haine, il est reparti sans culotte, heureusement, il a ramassé des casquettes pour tous ses copains. Mais il a été très bon en double !
Le double, une spécialité bien française à ranger entre le cassoulet et la mauvaise foi. Le double, une arme à double tranchant ou une lunette à double foyer comme le disait mon ami le grillon.
Au P.S., Titine et Ségo nous joue un nouveau tableau de « l’harmonie est elle municipale ? ».
Chez les Bettencourt, Liliane et Françoise font du shopping sous le regard condescendant de leurs avocats.
Les miss, elles mêmes vont par deux comme une paire de couilles,
Enfin, dans le département français de la Côte d’Ivoire, la voix du peuple a triomphé. Deux présidents ont été élus démocratiquement au suffrage universel à deux tours. Chacun le sien.
Pendant que l’un gouverne à la barre de son Gbagbo, l’autre se repose à l’hôtel rangeant dans son beau cartable neuf en peau d’éléphant qui voit rien les messages de soutien de ses admirateurs étrangers. Un chèque en blanc pour un travailleur au noir.
Pendant ce temps, nos héros malheureux des combats perdus contre les serbes, cette petite troupe des fêtes, a reflué vers Paris. Montés au front tel les soldats de l’an II, l’an deux après Madoff, ils refluent avec la Bérézina, une vieille cousine frigide, et tombent sur l’hiver parisien qui a étendu son épais manteau blanc sur les chemins alentours.
(Remarque de l’éditeur : Piga est lyrique dans ses descriptions et incisif dans ses commentaires. L’émotion se lit entre les lignes et la philosophie transpire de son encre encore humide. Le nouveau BHL est né…mais où est donc Arielle Dombasle ?)
Le sel est sur l’addition mais pas sur les routes.
Il est temps de changer le présentateur météo. Avec mademoiselle Agnès ou Patrice Drevet, les routes étaient dégagées en hiver et la mer était chaude en été.
Et pendant qu’on y est, remettre Thierry Roland au foot et gagner la coupe du monde, réinitialiser Pierre Salviac au rugby, conserver Nelson Monfort au patin baveux avec langue et accessoires,
Et, pourquoi pas, ressusciter Casimir Perrier à la présidence de la République, son personnage ne manquait pas de bulle, inefficace et effacé, son pouvoir de nuisance était limité sauf si vous remplaciez la tranche de citron par une dose de whisky.
La rentrée est parfois difficile.
Comme chaque année, la saison culturelle de Tripatouille sur Election magnifique bourgade du centre de la France, située dans une vallée verdoyante aux relents de fumier de cheval, sise près de l’usine de pâte à papier pour couvrir l’odeur du fumier, va s’ouvrir sur un spectacle exceptionnel concocté par le Directeur de la maison de la culture, maison close rebaptisée « espace culturel Alain Possiblenulnétenu », époux de la grande résistante Aline Maginot, elle-même descendante en chromosome direct d’une gloire locale Vincent Gétorix surnommé le César de Tripatouille dont la statue grandeur nature en bonze thaïlandais trône au milieu de la fontaine qui crache un infâme liquide qui tient plus de la soupe de poisson de mer que du filet d’eau de source.
C’est un spectacle de danse, animé par la charmante Olga Nache, une vaillante sexagénaire avec toutes ses dents, un peu dure de la feuille, à la rotule capricieuse et au pas chassée à courre, mais dont le grand écart reste remarquable. Ancienne petite souris de l’opéra de Paris, ancienne petite suceuse du grand théâtre de Bordeaux, ancienne gardienne du placard à balais de Baccantes la Jolie, elle termine brillamment sa carrière à Tripatouille où elle a rencontré Igor Gonzola, cantonnier mais néanmoins amateur de pas de deux.
Il était l’un, elle était l’autre.
Ils ont monté le spectacle ensemble même si la dernière prise de poids d’Olga ne facilite pas les portés et accélère les jetés.
Le Directeur de la maison de la culture a convoqué le grand orchestre de Tripatouille avec la mère Denis au tambour de machine à laver, Maïté à la batterie de cuisine, Trois gros au piano sans queue, Pissedru joue du beaujolais nouveau et danse l’homme bourré.
Le tout mis en scène par Tanguy Yenapourunyenapourdeux dont le talent mondialement reconnu a fait le tour de la basse cour de la mairie de gauche tendance Brice Hortefeux, l’humaniste radical bien connu.
Le maire, un homme dont l’ouverture d’esprit permet l’entrée du vent du nord dans sa boite crânienne avec aération accélérée des neurones en fusion, accoudé au bar du milieu de la ville, appelé judicieusement « bar central », n’a eu qu’un mot : « patron-remettez-nous-ça ».
Un beau jour, je veux dire une nuit,
Au clair de la lune,
Ils sont venus, ils sont tous là,
Auprès de ma blonde,
A la queue leu leu, à à à…
Chorégraphie de Maurice Béjart, adaptée par Tanguy Yenapourunyenapourdeux. Musique de Béla Bartok mise au goût du jour par Pissedru.
Igor Gonzola est déguisé en femme, Olga est travestie en homme. Ce coup de génie du metteur en scène permet à Olga d’imposer sa masse musculaire et à Igor d’afficher une fraîcheur d’interprétation lui qui, par nature et éducation, est d’avantage porté vers la grognasse et la vinasse que sur la métaphysique du rêve.
En particulier le grand écart, vieux défi d’Olga, toujours essayé mais rarement atteint, butte sur la raideur jamais démentie de l’entrejambe d’Igor. La souplesse du périnée n’est pas son point fort. Le craquement de bois sec est suivi du crissement de la feuille déchirée accompagné du hurlement du loup aux abois précurseur du tombé d’Igor sur le sol en terre battue de la maison de la culture.
Silence gêné dans la salle.
L’ivrogne du premier rang ne s’arrête pas de boire, les dormeurs d’à côté ne s’arrêtent pas de ronfler, mais les téléphones portables s’arrêtent de sonner.
Arrivée remarquée des pompiers volontaires sous les hurlements d’Igor qui confond joie et douleur. Olga entonne le chant du départ. La mère Denis tourne à fond dans son tambour en mode essorage, les Trois gros mijotent sur le piano chauffé à blanc, Pissedru bourre en cadence une Maïté qui tape sur ses casseroles au rythme d’un orgasme s’annonçant prometteur.
Vivement demain, que Tripatouille sur Election se remette aux labours d’automne. La culture, il n’y a que ça de vrai !
Piga s’est trompé !
Non ?
Si !
Et même grossièrement.
Le gouvernement français, présenté dans son dernier article « halte à la morosité » (appelons « article » cette suite de mots maladroitement alignés dans un style digne d’un mauvais élève de CM2 lourdement handicapé par des gènes mutilés et une éducation inexistante) n’était qu’une accumulation d’approximations ridicules et d’hypothèses fantaisistes dont seuls les journalistes les plus avisés sont capables.
Il convient de rétablir la vérité et de présenter objectivement les principaux acteurs de notre vie politique. Le mot « acteur » est pris ici dans son sens le plus noble « celui qui acte, qui fait » et non pas, comme l’aurait supposé vilement l’infâme Piga, cet analphabète de bas étage, ce mutilateur de pensées, dans le sens de « clown, marionnette ».
Le premier d’entre eux, François Villon, n’a pas encore écrit son testament. Seulement son discours de politique générale, œuvre poétique aboutie.
Ses allures de joyeux troubadour lui donnent toute l’autorité pour conduire sa troupe de baladins. Mais ce trouvère moyen âgeux ne génère pas l’euphorie. Cependant, de ballades en ballades il trace sa légende.
Puisque nous sommes dans l’ancien régime, pourquoi en sortir. Honorons comme il se doit le Roy et son Chatel.
Michèle Mercier : en voilà une belle nana et blonde en plus. Elle a paumé Jeoffrey de Peyrac un soir d’été sur le soleil et sous le roi, et le retrouvera plusieurs hivers et amants plus tard, abîmé par la vie mais enrichi par l’espoir. En attendant, elle garde les sots sous son air angélique.
Baisse ton pantalon, on ’a reconnu ton ange, marquise!
Miam-mam : elle est goûteuse la bougresse, elle est partout. La justice, la défense, l’intérieur et l’extérieur. Un seul moyen de ne pas la perdre de vue, lui mettre son compagnon entre les pattes. C’est fait ! Oyé oyé voilà Patrick.
Luc Besson : le champion du travelling de gauche à droite. Il a amené ses enfants, Léon et Nikita. Ils adorent le cinéma. Metteur en scène d’une super production sur l’immigration Luc a plus d’une Cannes dans ses longs métrages. Homme d’action, il utilise souvent des figurants roumains.
Le plus Huppé c’est Alain : un vieux routier de la politique, ancien premier ministre et spécialiste des retraites. Il va faire profiter la défense nationale de son expérience en matière de repli stratégique. Comme il n’est plus très jeune, on lui a refilé les anciens combattants. Leur peau flétrie ne sera pas facile à dérider, lui non plus.


