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28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 18:48

 

Son nom est Bond, Jean Bond.

 

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Ses parents, car on a pas tous la chance d'être orphelins, l'ont affublé d'autres prénoms, Daniel, Greg, allez savoir pourquoi ?

Le matin, mon voisin carbure à la triple potion ; vitesse, rapidité, efficacité. Il vérifie son pistolet de douche et ajuste son jet. La visée est précise, le tir rapide. Jean nettoie avec application son théâtre d'investigation et ses dessous de bras.

Rasé de frais, il fonce aux toilettes pour consulter la papier Q , précieux auxiliaire qui va lui donner les armes pour combattre l'ennemi de l'intérieur.. Les lèvres encore imbibées de l'after chave rapidement et généreusement réparti sur ses joues émaciées, il trempe une langue chaude et voluptueuse dans le café brûlant. Un moment de recul. Est-il est vraiment brûlant le café ? Non, une créature de rêve, les seins avachis sur sa bedaine naissante vient de rentrer dans la cuisine. Sa tête porte fièrement les bigoudis de sa prochaine coiffure. Bond passe une main désespérée sur la chemise de nuit de laine rêche et embrasse fougueusement sa partenaire avec le sentiment d'accomplir son devoir au delà de son devoir. Il est au service de l'arène conjugale. Son œil d'acier parcourt la pièce tel un radar de dernière génération embarqué sur le porte avion Charles de Gaulle, seul bateau qui connaît par cœur la rade de Toulon à force de ne jamais la quitter.

Son couvre chef, son attaché case .

La radio locale diffuse une vieille musique de John Barry, Bond s'élance vers de nouvelles et palpitantes aventures.

Dehors, sa voiture fétiche, une twingo bourrée de gadgets surprenants attend la voix de son maître. Les portes s'ouvrent automatiquement par simple coup de pied sur les bas de caisse. Aération vivifiante en hiver, rafraîchissante en été par dérèglement automatique de la climatisation. Démarrage en côte grâce à la poussée d'Archimède et de ses autres copains du quartier. Par-brise à l'épreuve des balles de ping-pong lancées de la base terroriste de la salle des fêtes.

Jean Bond file sans attendre le « ho Jeaaan, Jeeeean » de sa tendre épouse qui a oublié de mettre des cornichons dans son sandwich aux rillettes.

 

Mademoiselle Jeanne Monnaie-Pénis assure depuis longtemps le secrétariat du patron M. dont je tairai le nom par discrétion eu égard aux activités secrètes ourdies par le personnage. A son arrivée Jean, d'un large mouvement de l'avant bras, lance, avec le doigté du spécialiste du frisbee, sa casquette vers le porte manteaux. Comme chaque lundi, il loupe la cible, et c'est Jeanne qui se baisse pour la ramasser découvrant ses cuisses roses et rebondies. Il entre dans le bureau du chef, accompagné du sourire complice de Jeanne dont les dents de devant marquent une usure prématurée.

« Bonjour, Jean, j'ai étudié vos résultats. Vous êtes vraiment un triple zéro ! »

Je m'interdis d'ébruiter une conversation dont les enjeux dépassent largement mon humble personne. Il est des secrets in-divulguables. Les porter à la connaissance du bas peuple risquerait de ruiner des années d'effort. Lorsque la patrie est en danger, Piga s'efface.

A la sortie du bureau de M, Jean, visiblement reboosté par les encouragement de son chef au contact rude mais au cœur fondant comme du chocolat belge, part en chasse.

L' œil humide, Monnaie- Pénis regarde Bond s'éloigner. Elle avait pourtant relevé sa jupe laissant ses jambonneaux offerts. Manque de pot la concentration de Bond n'est pas à la charcuterie même s'il salive déjà à la pensée du délicieux sandwich aux rillettes niché au fond de sa poche.

« A-t-elle pensé à mettre des cornichons ? ».

Après une matinée harassante consacrée à ne rien faire ou si peu, à l'heure de l'apéro, Jean retrouve son copain Félix. Seuls les personnes habituées au farniente et à l'oisiveté peuvent comprendre le stress et la culpabilité engendrés par l'inactivité physique et émotionnelle. L'encéphalogramme plat n'est pas à la portée du premier mort venu.

Il commande sa boisson préférée. Une vodka martini !

«Mélangée au shaker et pas à la cuillère » lance-t-il avec son sourire carnassier devenu végétarien depuis la disparition du gibier.

Faudrait encore que je retrouve le shaker pense dans un grand effort d'introspection la tenancière, plus habituée à tirer des bières. Et quand la bière est tirée, il faut l'enterrer !

Caviar pour Bond, car c'est un homme de luxe,

d'aubergine, car c'est un homme près de ses bourses.

Montant de la cave, à contre jour, dans un halo de poussière et d'insectes volants non identifiés, une serveuse, moulée dans une tenue noire, rasée de frais et les bas en tire-bouchon, appuyée sur sa canne de bois vermoulu, amène, en tremblotant, les consommations.

 

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L'après midi sera une suite de poursuites échevelées à travers la ville.

Bond vide sa boisson d'un trait tout en serrant la main de Félix avec une œillade complice signifiant son congé et s'élance de sa foulée courte rythmée par son souffle asthmatique vers le trottoir le plus proche. N'écoutant que son courage, il traverse au feu rouge, bouscule une petite vieille en fauteuil roulant qui tente le suicide. En même temps, il dégoupille son porte monnaie en peau de chagrin, arrache avec ses dents non cariées une pièce d'un euro et la glisse dans le parcmètre, 007 secondes avant l'explosion de la contravention.

Sans écouter les battements de son cœur l'avertissant du triple pontage, Bond s'engage dans le premier bureau de tabac venu, d'un grand coup de pied il décanille le gosse devant lui et arrache le dernier numéro de son quotidien sportif préféré.

Les girondins de Bordeaux ont gagné contre l'olympique lyonnais, 2 à 1.

La tension baisse d'un cran. Le climat s'apaise.

Un rapide coup d’œil à sa montre de plongée. Elle indique trois mètres en dessous du niveau de la mer, il doit rentrer à la maison. Sa femme, Tracy va s'inquiéter. Il saute sur sa monture qui renâcle au démarrage mais se laisse dompter par la volonté supérieure de l'homme sur la ferraille. Bond déboîte, accélère dans la ligne droite double péniblement un piéton qui respecte les limitations de vitesse. Bond ne craint pas les embouteillage, il les crée. Sous les coups puissant de l'accélérateur, le moteur rugit de plaisir. On ne double pas un double zéro. Seul un cycliste intrépide arrive à sa hauteur et disparaît sous le nuage dégagé du pot d'échappement.

Bond quitte le boulevard San Antonio, prend sur la droite la rue Hubert Bonnisseur de la Bath, continue tout droit, longe les allées Malko Linge, tourne au rond point Francis Coplan, passe devant chez moi et s'arrête devant chez lui.

Pour les hommes d'action, le monde ne suffit pas.

 

 

(toute ressemblance avec James Bond esf fortuite!)

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