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19 novembre 2012 1 19 /11 /novembre /2012 16:43

 

Il court, il court, le voisin,
Le voisin du bois, Mesdames,
Il court, il court, le voisin,
Le voisin du bois joli.

 

 

images-copie-43.jpg

 

Le Dimanche matin, certains de mes voisins immédiats trottinent à la recherche du temps perdu, de leur jeunesse envolée. Ils se font un cœur de pierre et des poumons d'acier. Répondant à la propagande officielle, ils remuent leurs kilos de graisse et de viande défraîchie en sautillant dans tous les sens. Ils feraient bien mieux de se consacrer Allah messe ou de choisir méticuleusement les religieuses en priant saint-honoré. Mieux encore, ils pourraient investir le bar-tabac du coin et parier le salaire de la semaine sur un canasson inconnu, versant avec parcimonie une eau précieuse dans le pastis, soignant leur vieille bronchite de larges bouffées de cigarettes mentholées.


Il est passé par ici, (bis)
Il repassera par là. (bis)

Même les chiens sont réquisitionnés. Les plus obséquieux suivent leur maître sans soucis ni laisse, les plus abrutis ont besoin d'un fil à la patte, de rares rebelles en profitent pour partir en sens inverse. On raconte encore à voix basse, l'histoire héroïque du Che Guevara du ouha, ouha, un chien sombre au terrible jappement argentin. Il aurait rompu ses liens, serait entré dans le zoo pas loin et aurait appelé à la révolte les bestiaux enfermés.

La CIA, caniches et iorkshires association, a eu sa peau.

Le FBI, fox-terrier et bouledogue insomniaques ont participé à la la li.


Il court, il court, le voisin,
Le voisin du bois, Mesdames,
Il court, il court, le voisin,
Le voisin du bois joli.

 

Mes voisins se sont regroupés en amicale. L'amicale des mollets poilus et dindes déplumées. Ce regroupement de bipèdes véloces organise une course du Dimanche, de la Maison de la culture à l'auberge de vieillesse, passant dans le quartier, juste en face de chez moi.

C'est fou ce que les gens, lorsqu'ils sont libres des contraintes quotidiennes, aiment à s'associer pour en créer d'autres.

La course appelée « le marathon de la grand-rue » est dotée de prix attractifs. Un magnifique sandwich bio sans gluten, sans beurre et sans reproche, un étonnant vase envers et contre tous, une marche d'escalier qui vous mène au septième ciel, quelques feuilles de persil à se mettre dans les trous de nez, le fac-similé du programme présidentiel de François Hollande.

 

Il est passé par ici, (bis)
Il repassera par là. (bis)

 

Une telle manifestation est assistée par les représentants du désordre organisé, le policier municipal boute en train, le pompier volontaire boute feu et la buvette. Je tiens la buvette et assumant toutes mes responsabilités, j'ai mis les fûts en perce. Le policier éteint le feu vert et brandit le carton rouge, le pompier éteint le feu rouge et brandit le carton vert. Le défibrillateur a été placé dans le frigo, sous les canettes, seul endroit accessible à tous.

Le keuf a sorti son carnet à souche pour verbaliser tout excès de vitesse, le pompier mâchonne un chewing-gum à la fraise dans la perspective d'un bouche à bouche prometteur.

 

Il court, il court, le voisin,
Le voisin du bois, Mesdames,
Il court, il court, le voisin,
Le voisin du bois joli.

 

Vers dix heures les zéros du jours partent en petites foulées. Devant, le handicapé de service tourne les roues de son fauteuil avec ses prothèses des bras. Il a finit par se lever pour aller plus vite. La voisine dont la réduction mammaire a été ratée balance des coups de nichons à ses voisins. L'autre voisin tente l'infarctus dès les premiers mètres. Trahi par ses jambes, il rampe sur le bitume. La bouche ouverte par l'effort, il se fait doubler par un escargot de course customisé.

Dans la troupe, il y a des normaux. Des qui courent en petites foulées souples et élastiques. Des qui respirent par le nez et polluent de carbone par la bouche. Deux inspirations, deux expirations, trois exaltations. Une instillation, deux distillations. Ils perdent la flotte et gardent le corps gras.

Ils portent des serre-têtes contre la fuite du cerveau, des chaussures montées sur coussin germain et des semelles antidécapantes.

Rien n'est laissé au hasard !

Rien ne les arrête que la ligne d'arrivée où les attend l'ambulance du SAMU. Paiement obligatoire par carte vitale avec réduction éventuelle pour les cartes vermeilles.

Il reste le bruit qui court.

Tournée de bière aux survivants !

Canette ou intraveineuse ?

 

Il est trépassé par ici, (bis)
Il retrépassera par là. (bis)

 

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Published by PIGA - dans humour
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  • Issu du croisement entre une solide lorraine et un léger gascon, j'ai attendu la force de l'âge pour m'investir dans la littérature et commettre des textes qui enrichiront les décharges publiques.
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