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2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 18:20

 

 

 

Après la journée sans voiture, ni capote,

Après la journée sans toit, ni loi

Après la journée sans son, ni Dalida,

 

Pourquoi pas une journée sans voisin ?

Le voisin, ce mec à qui vous serrez la louche en vous demandant s’il faut enlever son gant ou le garder en protection rapprochée. A chaque poignée de main vous avez l’impression d’essorer une serpillière. Avec sa femme,  vaccin anti sexe, c’est pire. Elle vous tend une poignée de doigts. Cinq brindilles de bois mort. Vous évitez de trop serrer de peur de transformer la patoune en bûchettes.

C’est terrible de se serrer la main ! Il ne faut surtout pas mettre le doigt dans l’engrenage. Un petit salut de loin est largement suffisant. Au mieux un sourire. Engager la conversation est déjà trop. Se saluer de près est l’acte fondateur du rapprochement manuel… à éviter.

Votre voisin vous est antipathique, rassurez vous, c’est réciproque.

Il jalouse votre maison, envie votre voiture. Il applaudit aux échecs de vos enfants. Il encourage son chien à lever la patte sur votre mur récemment repeint.

 

Votre voisin est vieux, il est retraité. Une espèce en voie de disparition. C’est la chasse intensive et la surexploitation des gisements qui a porté un coup fatal à cette faune encore nombreuse au XXème siècle. Le retraité sauvage n’existe pratiquement plus. Heureusement il est avantageusement remplacé par du retraité d’élevage engraissé de farines animales 100% végétales dans des fermes industrielles. Cependant le taux de fécondité du retraité reste bas. Et puis les catastrophes naturelles, canicules et salmonelles ont décimé des élevages entiers.

Votre vieux voisin retraité date de l’époque où le vieux était au bistrot et le jeune au boulot. Maintenant c’est l’inverse. Le vieux au boulot et le jeune au bistrot.

Derrières ses fenêtres et ses lunette, il veille sur le quartier. Muet comme une tombe, seule la mort le fera taire.

 

Votre voisin est revendicatif. Il  vous suit. Mieux, il vous précède.

Vous allez à une manif. Pour défendre ses droits, il est là, devant vous, sous la banderole « vieux un jour, jeunes toujours ». Il est entouré de quelques futures vieilles du quartier. Elles ont l’éternité pour elles car de nos jours, la vieille est de bonne qualité. Plus endurante. C’est la cro magnon de l’évolution, elle s’adapte. L’homme ressemblerait plutôt à néandertal. Tout dans la gueule, rien dans la cervelle et pas grand-chose dans le pantalon. 2% du génome final, une misère. Pas de quoi en faire un film !

Votre voisin vous salue comme un frère de lutte. Il marche devant vous, pas vite. Vous hésitez à lui botter le cul. Si la police charge la matraque aux lèvres, il se baisse.

C’est vous qui en prenez plein la gueule.

 

De retour à la maison, la rue est bouchée. Ce n’est pas la seule. Votre voisine aussi rentre chez elle, à côté de chez vous. Elle hésite entre les trois pédales, débraye avec le frein à main et cherche le changement de vitesse dans sa caisse à outil automatique. Elle clignote avec les essuie-glaces, tend le bras, cherche la manivelle de sa vitre électrique. Puis elle se gare devant chez vous car devant chez elle, elle laisse la place à son mari. Par un petit signe de la main elle vous nargue « je suis votre voisine et je vous emmerde ».

 

Votre voisine est veuve. Depuis la mort de son boulet de mari, elle rajeunie.

Elle a toute la semaine pour arpenter les supermarchés. Elle choisit le samedi matin vers 10 heures, en même temps que vous. Ne vous inquiétez pas. A 11 heures il aurait été là tout pareil, enfonçant ses doigt dans le bif haché et secouant la salade jusqu’à effeuillage complet. Puis, à la caisse il va compter ses pièces de 2 centimes, se rendre compte qu’il en manque, sortir sa carte bleue, la confondre avec la carte de fidélité, se tromper de code, se rabattre sur le chéquier et recompter l’addition à la recherche de l’erreur de la caissière.

Puis elle se plante devant la porte et tombe dans les bras de sa voisine, elle aussi, veuve et fière de l’être et oubliant les douleurs de ses vieilles jambes usées, taille une bavette allongée par les défauts de son dentier qui se fait la malle à chaque consonne.

 

Votre voisin est un jeune couple. Il a un enfant virgule neuf. Pour rentrer dans les statistiques, le second gamin n’est pas encore fini. Il en manque un bout. Afin de combler le vide, le jeune couple a acheté un chien. Un gros Quibave, une nouvelle marque importée de chine. Il a le pelage jaune et les crocs en forme de baguettes. Il adore les gosses à la chaire blanche et au goût de lait. Le chien a commencé à bouffer les pantoufles, bientôt il va s’attaquer à la viande. Comme un certain nombre d’individus, le chien ne connaît pas le langage articulé. Il aboie. Fort, car c’est un gros chien,

Souvent, car c’est un gros con,

La nuit, car c’est un gros insomniaque.

La boulette de viande empoisonnée est la meilleure solution. Les enfants peuvent en manger, ça ne peut pas leur faire de mal.

 

Des fois votre voisin a la main bio. Il cultive ses carottes et élève ses navets avec son compost, mitonné avec amour au fond du jardin avec tous les déchets domestiques. Un beau petit tas d’ordures qui pourrit sous les fenêtres de votre sal(l)e à manger. En général, le vent vient d’ouest, dans le sens où ce que les effluves ne se perdent pas ailleurs que dans vos trous de nez.

Votre voisin bio aime prendre l’air les soirs d’été. Avant d’aller se coucher il va pisser sur son tas d’ordure pour activer la fermentation. Il vous voit à travers la vitre, sirotant un verre de cognac en compagnie d’un Cohiba venu directement de La Havane. Il vous salue des deux mains, perd le contrôle de son zizi dont l’urine chaleureuse inonde votre hortensia tout neuf.

 

Sans parler de votre voisin de palier qui met son vélo devant votre porte, la voisine du dessus qui n’enlève jamais ses chaussures à talon, le voisin d’à côté qui bloque systématiquement l’ascenseur, le voisin plus bas qui fait griller ses sardines dans l’escalier, le voisin d’en haut qui joue du jambé à trois heure du matin, le voisin qui perce son mur au marteau piqueur… le voisin qui…et la Voisin, une empoisonneuse du sous sol, spécialiste des messes africaines et adoratrice du soleil.

 

Dès demain je vous propose de déposer en Préfecture une demande officielle d’instauration d’une journée sans voisin. Telle la grève illimitée, la journée sans voisin sera reconductible.

A vos pencartes!

 

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Published by PIGA - dans humour
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commentaires

Lisa 10/10/2010 13:31


bonjour,
j'aime beaucoup cette chanson


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