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16 novembre 2009 1 16 /11 /novembre /2009 21:14


En ce matin, la carrière du tailleur de pierres Volduphénix, fils de Superphénix, qui se trouvait au pied de la colline, à gauche en sortant du village, juste après la boutique de Choquine, la tailleuse de pipes, était en pleine effervescence en cette veille de rentrée des classes.

Le collège de Coquetailorum lui avait commandé trois cents manuels scolaires.  C’était le grand chef gaulois Sarkosix et ses âmes damnées Alliomarix et Rachidadatix, qui avaient mis en place ce défit insensé, tellement fou qu’il ne se réalisera certainement jamais.

Apprendre à lire et à écrire à tous les enfants de Gaule et de Navarre.

Le concept de la lecture et de l’écriture était assez osé pour une époque où la lecture se limitait à celle des entrailles des bestiaux sacrifiés au nom d’un avenir meilleur et l’écriture se bornait aux cœurs rapidement dessinés sur l’écorce des chênes centenaires.

Le problème qui se posait, était surtout celui du support.

Sarkosix avait tout de suite pensé à appliquer les méthodes de ses ancêtres vivant dans les cavernes qui barbouillaient les murs de leurs mains rugueuses. Mais ce gars là malgré son aptitude à déplacer des montagnes ne pouvait déplacer des cavernes dans les écoles. Il a donc décidé que les montagnes seraient débitées en morceaux, chaque morceau devenant un support d’apprentissage, un par matière enseignée.

 

Pourquoi utiliser de la pierre dont la robustesse n’était pas en cause mais dont le côté léger et maniable était sujet à discussion.


A cette époque, le papyrus était seulement connu des égyptiens aux scribes célèbres, Syphilis, Unsurdis, Voyageanis, Pastis et aux pharaons non moins célèbres, Valisenkharton, Grossepairedenichon, Tousurlepon.

Le papier n’était pas encore inventé et le parchemin était simplement utilisé par des gens importants dans des villes importantes et du reste, pas si utilisé que ça en ce temps là. Il ne restait donc que la tradition orale véhiculée par les druides lorsqu’ils avaient cinq minutes à consacrer à la chose entre  une taille de gui houx une préparation médicinale faite de houblon fermenté ou de raisin pressé.

D’où l’intervention du petit Sarkosix qui n’était pas si petit que ça car si le celte moyen se caractérisait par sa grande vaillance, il ne brillait pas par sa hauteur de vue, sauf lorsqu’il se trouvait en haut d’un piton rocheux, mais il y était rarement à cause de ses jambes courtes qui le limitait dans ses enjambées, Sarkosix n’était pas si petit que ça, disais-je car il portait des talonnettes en sabot d’auroch et il n’avait pas les deux pieds dans le même.

 

Afin de ciseler les connaissances du monde civilisé sur des tablettes de pierre, les outils les plus perfectionnés de l’époque, le marteau et le burin, furent instrumentalisés.

Le marteau était l’outil de référence chez les gars de Coquetailorum et il pouvait être associé à d’autres instruments, l’enclume pour les uns, la faucille pour les autres, l’hôpital psychiatrique pour les plus malades et évidement le burin, autre instrument mythique qui a survécu à toute les époques et les changements de siècles.

Le burin est encore utilisé de nos jours, mis à toutes les sauces, il a même donné son nom à une constellation. Le burin dans les cieux c’est une autre façon de regarder les étoiles.

La pierre avait un avantage indéniable : c’était du solide.

Par contre, elle avait un inconvénient : c’était du lourd.

Les enfants devaient se coltiner au moins cinquante kilos de savoir en grès, bien malgré eux. Le muscle était donc primordial pour entreprendre de longues études et la maçonnerie devenait naturellement un métier pour lequel ils étaient parfaitement préparés. Les incultes musclés construisaient des maisons pour des cultes maigrichons qui ne pouvaient pas lire les pierres taillés qui avaient servi pour l’instruction des bâtisseurs.

 


La société était complètement désorganisée et il était temps d’y mettre bon ordre, ce que fit le chef Sarkosix, un homme énergique qui s’était mariée avec la fille de maître Brunix, un vendeur de harpe celtique.

Il fallait alléger le poids des sacs scolaires.

Bravo, mais vous pouvez tourner la pierre dans tous les sens, elle pèse toujours aussi lourd et la pierre ponce n’avait pas encore été inventée par Pilate.

Le chef a alors demandé de nombreux rapports à ses nombreux conseillés privés, Attalix, Minimatix et Oblix un homme chromosomiquement droit qui se sont exécutés et ont sorti une panoplie de propositions toutes plus intéressantes les unes que les autres et qui ont été appliquées les unes après les autres.

D’abord, allouer un âne à chaque élève pour l’aider à transporter les livres jusqu’à l’école. L’idée fut rapidement abandonnée car les ânes restaient à l’école et les élèves repartaient avec les bouquins sur le dos.

Ensuite, laisser les livres à l’école. Mais les petits chéris ne pouvaient plus faire les devoirs du soir vu que les exercices se trouvaient sur les livres de classe en classe.

 

On pensa allouer un esclave à chaque élève, mais la Gaule était en période de récession économique et on ne trouvait plus d’esclave même au marché noir.

Ce fut un trio, Mathématix, Problématix et Tisanalanix spécialisé dans la recherche désespérée qui trouva la solution. Laisser les lourds livres à la maison.

 Mais oui mais c’est bien sûr, les livres étaient dans la hutte, les enfants au cœur léger et aux sacs désencombrés étaient dans l’école et le magister devant son tableau. Mais en ce temps là, il n’y avait pas de tableau, le druide recyclé faisait cours en chansons et par geste. Mais en ce temps là, il n’y avait pas d’école non plus et le brave Volduphénix arrêta de faire graver des mots sans effet puisqu’ils n’avaient plus aucun sens.

C’est ainsi que la parole des druides s’envola et que les écrits restèrent, sauf qu’il n’y avait pas d’écrit.

En fait, si en ce matin de rentrée, le bon Volduphénix taillait des pierres c’était pour confectionner le socle de la maison de son client  Crottedebix.

En souvenir des écrits burinés dans la pierre, ce soubassement  sera appelé, « socle commun des connaissances ».


(bon anniversaire Asterix!)

 


                                                                      

Le druide Ecolaïx

 


 

 

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Published by PIGA - dans humour
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