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16 mars 2011 3 16 /03 /mars /2011 18:22

 

 

 

 

Elle claque des fesses, elle claque des dents, elle claque des mains et tape du pied, la fière andalouse agite ses grands bras dans l’air enfumé du bar sévillan. Son compagnon s’est coincé les couilles dans la fermeture éclair de son pantalon en peau de bouc et il n’aime pas ça et le fait savoir. Il martèle le sol de ses talons rageur en criant d’un beuglement sauvage la détresse de l’homme abandonné par le sort, dont la compagne se fout comme de l’an quarante des douleurs sonores d’un mâle en érection continue. L’homme souffre, et la femme aussi. Ses seins tressautent à la vitesse de la baratte battant le lait crémeux de Charentes Poitou. La femme tourne autour de l’homme, écrasant aux pieds de la lettre, à grands coups de sabots ferrés, les orteils fragiles de son compagnon d’infortune dont les cordes vocales se tendent au passage des notes graves de la maltraitance masculine.

 

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Un couple sans amant ni cocu est une hirondelle sans printemps, un gâteau sans cerise ou un japonais sans sushi. Il périclite.

Heureusement il est là.

Assis dans un coin, la guitare au bout des doigts, les larmes au coin des yeux. L’amant chante aussi, mais il est plus serein. Assis, il lui est difficile de taper des pieds. Il s’acharne sur les cordes de la guitare, visiblement la seule compagne qui ne l’ait jamais déçu. Une longue mélopée s’échappe de ses lèvres fines, témoins muets d’une douleur intérieure exprimée sans retenue face au bonheur bruyant des deux danseurs ruisselants des mauvais traitements qu’ils s’infligent. Ils s’insultent par castagnettes interposées. Il martèle le plancher vermoulu du bonheur de la souffrance.

Mais les efforts tonitruants payent, la braguette explose et les cojones du senior retrouvent une sérénité oubliée. Du coup, l’atmosphère se détend. Le guitariste  lâche ses cordes, les danseurs remettent de l’ordre dans leurs vêtements et saluent la foule qui peut enfin sortir les boules quiès et se concentrer sur le tinto qui ne tremble plus au son du plancher maltraité par des souliers cloutés.

 

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Le flamenco, n’est pas la ronde enfantine, il a du caractère. Les ibères sont rudes mais ne sont pas froids.

Le flamenco, c’est le sang, la sueur et les larmes.

C’est l’ennemi du sonotone.

 

Après la danse, mais c’est possible avant, il est indispensable de prendre ou reprendre des forces tant le spectacle de l’homme à la fermeture éclaire coincée et de la femme aux fesses qui claquent, vous vide de toute force spirituelle où il n’y a rien de drôle de voir l’homme à la guitare se morfondre sur son siège alors qu’il brûle de désir envers la femme qui écrase les orteils comme de l’ail pilé, et qu’il voudrait abattre l’homme qui hurle de souffrance pour le délivrer de sa douleur.

Tous ces gens qui souffrent, ça donne faim.

 

La spécialité du coin ; la queue de toro.

C’est comme de la queue de bœuf avec un je ne sais quoi de plus viril.  En Espagne, tout est affaire de testicule et gesticule.

Le toro est brave dans l’arène, mais il perd de sa superbe dans l’assiette.

Ce ragoût est excellent, mais un petit calcul s’impose.

Il doit y avoir 400 restos à Séville qui servent de la queue de toro. A raison d’une queue par jour et par toro, il faut donc 146 000 toros disponibles par an.

Pour alimenter les assiettes, on peut rarement compter sur la corrida.

Il existe en Espagne environ 1 800 manifestations taurines par saison avec 6 toros tués par corrida, donc une consommation de 10 800 bêtes. Je ne compte pas les toreros car leur queue se mange rarement.

On peut donc penser que 135 200 bovidés sont abattus uniquement pour leur arrière train : c’est irréaliste !


 

index-copie-3.jpg

 

J’entrevois une solution : les toros espagnols ont plusieurs queues.

J’entrevois une seconde solution : la queue repousse après ablation.

J’entrevois une troisième solution : la revanche du bœuf. Après la castration humiliante, il supplée le toro dans la multiplication des queues.

 

Olé !

Au lait!

 

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Published by PIGA - dans humour
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  • Issu du croisement entre une solide lorraine et un léger gascon, j'ai attendu la force de l'âge pour m'investir dans la littérature et commettre des textes qui enrichiront les décharges publiques.
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