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8 septembre 2010 3 08 /09 /septembre /2010 14:34

 

 

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Paris le 3 septembre, vers 20h30.


Les bleus sont rentrés, à cent à l’heure, motivés comme jamais, la bave aux lèvres, l’ischio-jambier contracté.

On a tous ressenti, derrière l’alignement impeccable des shorts amidonnés, l’amour viscéral du maillot frappé de la poule de luxe qui symbolise la France dans son effort désespéré à courir derrière la Zahia sans jamais la rattraper. Ces joueurs au garde à vous, entonnant avec vigueur la marseillaise, rappelant la glorieuse légion étrangère par l’assurance des paroles et l’agressivité des regards. Les joueurs nous ont sorti le Haka bleu, une invitation au dépassement teinté de la culture de la gagne. Les yeux injectés du sang impur des hordes biélorusses qui engraissent de leur sueur malodorante les sillons de notre merveilleux parc des princes, Malouda et sa troupe de guerriers allait réduire les têtes slaves à leur plus simple expression, un petit pois surmonté de quelques rares cheveux. 

Ce qu’il faut savoir, c’est que le biélorusse est nul en foot. Il ne fait pas la différence entre un ballon et une bouse de vache tatare.

C’était une raison suffisante pour l’écrabouiller et lui faire comprendre l’outrecuidance de fouler le sol français avec l’ambition démesurée de se mesurer aux muscles nationaux. En cas de défaite annoncée des visiteurs, nos guerriers devaient se montrer magnanimes.

La raclée devait être conséquente. Mais nous devions éviter de couper les têtes après le match, la FIFA restant sourcilleuse sur le respect du à l’adversaire. Le coach biélorusse aurait pu demander l’asile politique en France pour ne pas connaître le sort enviable de l’entraîneur nord coréen révisant la passe à dix dans un goulag spécialement aménagé pour les traîtres endurcis, pollués à l’air révisionniste des nations occidentales et néanmoins décadentes.  

Or, la Marseillaise fut le seul moment de gloire.

Les petits blancs ont montré leurs limites et ces salauds de slaves en ont ignominieusement profité pour marquer un but mesquin, avec la complicité bienveillante de nos arrières désireux de faire briller le terne canonnier adverse. On reconnaît bien là la qualité de notre hospitalité.

Ce match fut la réplique étincelante des défaites prometteuses enregistrées contre la Chine et contre les célèbres bafana bafana, joueurs d’Afrique du sud, les rois de la vuvuzéla et des chants zoulous, qui ne savent toujours pas faire la différence entre un ballon de foot et un ballon de rugby. 

Une voix s’élève :

Allons vite rechercher Domenech. 

Plusieurs jours plus tard, le 7 septembre, rebelote, mais changement de décor.

La France envahie la Bosnie.

Le bosniaque a mauvaise réputation. C’est un balkanique. Il s’entretue avec ses voisins depuis des siècles. Il pratique l’humour serbo croate, un humour dévastateur.

Les joueurs français, rendus modestes par les succès antérieurs la jouent sobre. La tête baissée à trente degrés, le sourire crispé et l’œil prudent. A la descente d’avion ils passent sous le portique de sécurité en serrant les fesses puis les mains de quelques admirateurs qui les ont confondus avec les nageurs bardés de médailles.

Humilité et concentration.

Pas de bruit, des fois que les bosniaques s’énervent et marquent plein de buts. La Marseillaise est chuchotée, les claquements de dents étouffés.

Heureusement, Dieu veille. A la place de bosniaques assoiffés de victoire, il nous envoie de pâles bosniens. Le bosnien est plus consensuel, plus universel, plus…, moins…, enfin c’est pas pareil.

Les mouches ont alors changées d’ânes, les poils ont changés de chameaux, la bière a changé de gosiers. Les joueurs français sont rentrés dans le fromage bosnien comme un asticot dans du beef haché. C’est la cour des miracles. Les manchots ont retrouvé leurs jambes. Les nerfs ont retrouvés leur influx. Le ballon a changé de but. Deux. Un chiffre paire, amer pour les bosniens.

Vivement que les italiens soient rebaptisés italistes, les portugais portuguiens et les anglais rosbeefs.

 

Une voix bosnienne s’élève,

Allons vite rechercher Domenech !

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Published by PIGA - dans humour
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