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16 octobre 2010 6 16 /10 /octobre /2010 09:55
 

 

Tant que parle l'économie. 

 

Le meilleur moyen de faire des économies est de ne rien acheter.

Par exemple, le petit costume bleu, dans la vitrine de ce grand magasin. Il a fière allure. Manque de pot, on est le quinze du mois et plus une tune à la maison.

Sur le haut de la cheminée, tapis dans l’ombre, le regard narquois, le découvert veille.

Plus une tune, c’est exagéré, il en reste un peu pour la bouteille de Ricard et la virée au cinéma, mais plus rien pour le superflu.

 

Le superflu ! Une notion controversée et subjective qui varie avec les impératifs de l’instant et les goûts de chacun. Le superflu, dure réalité quotidienne du riche, anti-dépresseur du pauvre.

 

Pendant ce temps, le banquier se frotte les mains car le découvert est au banquier ce que le caramel mou est au dentier, une attirance mutuelle. Lorsque le compte s’assèche, l’agio s’engraisse. Il est à l’échelle des valeurs ce que l’œuf est à la mayonnaise, il monte.

 

Le mois suivant, le costume bleu est toujours là.

La vitrine n’a pas bougé. Autre constante, le découvert s’est encore creusé car c’est le mois maudit. Ce n’est plus le glaçon dans le verre de Whisky mais l’iceberg dans le flan du Titanic.

Un véritable désastre.

Votre compte coule à flots et le banquier tombe à pic.

C’est le mois de l’anniversaire onéreux. Pas celui de votre mère ou de la fille de votre premier mariage. Pour elles une petite attention suffira. L’anniversaire de l’épouse se fêtera, lui, au poids de l’amour exprimé en carats, aux litres de champagne exprimés en millésime.

 

Le mois suivant, ce serait trop bête d’acheter car les soldes se profilent à l’horizon et, c’est bien connu, les prix fondent à la solde comme le foie gras fond à la cuisson.

 

Le mois d’après, un vol de soldes s’abat sur le bas peuple à la vitesse de la marée qui monte au galop dans les steppes bretonnes, là où ce que les chevaux paissent dans les champs d’algues vertes. Les chasseurs sont à l’affût devant un tonneau de bière. La gibecière bée. La poule et la grue défilent devant les étales.

Nanti de votre sourire carnassier et de votre démarche féline, vous attaquez le costume.

Chouette, il en reste un et il est à votre taille.

Essayage.

Bien sûr, la cabine est trop étroite et quand vous écartez les bras, le rideau d’à côté s’entrouvre. Inutile d’y jeter un œil. Vous ne tomberez jamais sur la belle nana changeant son sous tif, mais sur une vieille grosse et fripée qui essaye un collant.

 

-      Ca va comment, monsieur, méfiez vous, il taille petit ?

 

En effet, il taille petit comme un enfant de quinze ans qui aurait calqué sa croissance sur celle du PIB français. Le panta long joue au panta court, le veston ne ferme pas, Quant à la braguette, vous avez deux options. Soit vous ne la fermez pas et vous risquer la brimade des mœurs, soit vous la fermez et vous risquez une mutilation douloureuse.

 

Moralité : pas d’achat, donc économie !

 

Avec l’argent non dépensé vous pourrez vous acheter un costume beaucoup plus cher dans le magasin d’à côté qui pratique des prix prohibitifs défiant toute concurrence.  

 

Ca, c’est de la micro-économie, celle qui régit les équilibres partiels.

Mais le costume s’inscrit, aussi, dans un cadre plus large, celui de la consommation avec des cycles de flux nationaux et internationaux. On rentre donc dans la macro-économie.

 

Vu la taille, le costume était certainement chinois. Le choisir aurait été cautionner le travail à bas coût et la sous évaluation du yuan, animal sauvage au rire sarcastique (la blague est bien meilleure avec le yen).

Si, en plus, vous étiez prof de math, je vous vois faire la révolution avec le compas tout en pratiquant la lutte des classes dans le collège.

Vous auriez alors démontré la compatibilité entre une économie capitaliste et une politique marxiste…

 

Trop fort l’économie!

 

Une petite devinette pour terminer : Marx et Capital sont sur un bateau. Marx tombe à l’eau, qui c’est qui reste ?

Première réponse : les deux si la marée est basse.

Deuxième réponse : aucun, car le bateau est virtuel et « le Cheik en bois ne flotte pas » (vieux proverbe saoudien).

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Published by PIGA - dans humour
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commentaires

DOUENCE 19/10/2010 17:38


Là je retrouve l'auteur .
J'ai bien rigolé .
Et vive le YEN .
En attendant quelques blagues /blog sur tous les évènements en cours
Cordialement
GUY


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  • Issu du croisement entre une solide lorraine et un léger gascon, j'ai attendu la force de l'âge pour m'investir dans la littérature et commettre des textes qui enrichiront les décharges publiques.
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