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26 janvier 2013 6 26 /01 /janvier /2013 10:57

 

C’est la rentrée des vélos.

 

 

 

 


 

Ils sont rassemblés derrière le pont.  Après le péage. L’île de Ré se mérite.

Depuis la construction du pont,  Ré n’est plus une île de... Elle est tout simplement Ré, à prononcer avec un demi sourire,  l’œil entre ouvert, blasé par cette lumière qui accompagne les grands esprits. Ca et là quelques indigènes vaquent aux travaux des huitres et des champs. D’autres s’échinent à mettre du sel dans le caramel, d’autres enfin cultivent la pomme de terre et l’impôt sur la grande fortune.  Certains connaisse la Ré des fesses, d’autres la Ré de bus. Moi, je vous parle de Ré la blanche. Plate comme une crêpe. Connue pour ses auto pistes cyclables.

 

Les compétiteurs  sont là. Les vélos accrochés sur le porte bagage de la voiture.  Le grand cher pour papa, seul habilité à accéder à la technologie de pointe. Le moyen pas cher pour maman. Elle est nulle, ne comprend rien au roulement à bille, croit qu’il suffit de pédaler pour avancer et de toute façon arrivera la dernière. Le petit cher pour fiston. Un futur champion. Déjà bête comme ses pieds, il joue de la pédale en attendant d’être gai.

Ils ont enfourchés un casque protecteur des idées subversives, chaussés un gilet jaune cocu de peur de perdre leur âmes, se sont tartinés le cul de crème anti hémorroïde. E t roule ma poule. Ils reconstituent à vélo les embouteillages laissés sur l’autoroute.  Derrière, les enfants pleurent et la caravane passe.  Accrochée au vélo, une sorte de charrette contenant enfants et sandwichs Sodelé, seuls sandwichs où le plastique d’emballage est meilleur que le pain. La grand-mère, reliftée de loin suit de près en tricycle et papy  suit en rollers protégé par ses bas de contention et son casque à pointe, souvenir de sa jeunesse joyeuse.

 

Des fois ils rencontrent des ânes sans vélo, les célèbres baudets du Poitou, vitrine de toute une région avec  l’escargot et sa réactivité légendaire et la charentaise (je ne parle pas de Ségolène, mais de la  pantoufle) confortable (je ne parle toujours pas de Ségolène) symbole royal (je ne parle encore pas de Ségolène)  de confort et de dynamisme post jeunisme.    

Il arrive aux cyclistes de croiser un Toubon en pleine forme et un Jospin en réforme.  Dans la tradition, « je perds les élections et après, démerdez vous sans moi » le Jospin reste très écouté de ses ennemis et très évité de ses amis.

 

A l’arrière du peloton déboulent, la tête dans le guidon, les pros du vélo.  Des gars super équipés. Ils ont toute la panoplie du parfait cycliste. Les cuissards noirs qui moulent les muscles longs soigneusement  entretenus, les lunettes bleues aux couleurs de la marée montant à la vitesse du vélo au galop, les casques en liège ajustés à la forme d’ogive nucléaire de la boite crânienne, le maillot moulé au dessin parfait de la ceinture abdominale en plein développement. Des gars profilés pour la vitesse.  Ils roulent à fond la caisse. Chaque coup de pédale génère un « han » de satisfaction. Chaque tour de roue est un podium en gestation. Chaque litre de sueur  est un apport précieux pour la nappe phréatique.  Ils balayent tout sur leur passage. Ecrasent les enfants et les vieillards. Les pauvres cyclistes du dimanche se rangent à leur passage. Les femmes se pâment devant tant d’énergie, les hommes s’agenouillent et prient quelques instants, les enfants jurent de na pas leur ressembler.

 

Au feu rouge suivant, regroupement général. La grand-mère reliftée monte sur son tricycle, cache la vue à papy mal à l’aise sur les rollers.  Il lui rentre dans le lard, je veux dire dans le cul. Elle tombe la tête entre les rayons du voisin qui descend précipitamment, en profite pour piquer les  Sodelé du mec de devant et s’effondre sur les vélos alentours.

 

Au carrefour,  les gendarmes,  en ordre de marche les jours de beau temps, s’emploient  à remplir le tiroir caisse de l’Etat.  A l’écoute des doléances populaires et devant ce trouble manifeste de l’ordre public, ils chargent  matraque au clair et sifflet entre les dents. Les cyclistes montent sur leurs grands chevaux. Les keufs surfent sur la marée chaussée. Puis les passions se déchainent hertzienne. Non ! Ingrid et Liliane, toutes deux des bêtes en cours, ne passent pas à la télé, mais c’est l’arrivée de l’étape du tour de France.  Chacun s’égaye devant son écran plat HD et un sinistre inconnu passe la ligne de démarcation, roule une pelle à une belle des champs, reçoit un lion en peluche, enfile un nouveau maillot, anone quelques banalités, fait valoir son bronzage agricole et s’allonge sur la table à repasser les muscles fatigués.


Sur Ré la vie continue.

La plage regarde rouler les galets,

La mer regarde rouler les vagues,

Les ânes regardent rouler les touristes

Les enfants regardent rouler les joints,

Les commerçants regardent rouler l’or.

 

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Published by PIGA - dans humour
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commentaires

Nettoue 14/07/2010 17:51


Bonjour Piga, petite visite pour faire connaissance, de blog favori à blog favori et à bientôt
Amicalement
Nettoue


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  • Issu du croisement entre une solide lorraine et un léger gascon, j'ai attendu la force de l'âge pour m'investir dans la littérature et commettre des textes qui enrichiront les décharges publiques.
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