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27 juin 2010 7 27 /06 /juin /2010 22:44

  vuvuzela_france_commerce_inside.jpg

 

Cela a commencé, il y a très longtemps dans une famille de français moyen sans histoire dont le père s’appelle encore Maurice et la mère toujours Mauricette surnommée affectueusement Sucette par tous les gars du village. Ce couple MM eut un jeune garçon, car à l’accouchement c’est plus pratique d’avoir un nourrisson plutôt qu’un grand benêt de vingt cinq ans surtout s’il a oublié d’enlever ses chaussures de ski ou ses patins à glace. Le brave enfant s’appelle  André, affectueusement surnommé Momo, sans rapport avec son parrain Louis, affectueusement surnommé Lolo, mais en rapport avec son grand-père Maurice et sa grand-mère Mauricette affectueusement surnommés Momo, comme leur fils.

 

On se méfie à juste titre de sa famille, mais jamais assez de ses amis. Un Noël, un ami proche de la famille éloignée offrit un tambour à André. Le cher petit, avide de s’éclater avec son nouveau jouet, a tapé de la baguette comme un sourd non appareillé.

Alors se sont succédés, sans pose syndicale ni arrêt maladie, le rantanplan de Lucky Lucke, les percussions africaines, le défilé du 14 juillet, le roulement de la machine à laver, les galériens en folie, la charge de Santa Anna contre fort Alamo, mais aussi le gong du king et la baguette sans souchi.

Abasourdi par la puissance sonore et la désagréable impression de jouer le rôle de l’enclume sous les coups de marteau, le père Maurice a profité de la nuit suivante, sans lune comme il se doit les soirs de méfaits, pour shooter dans l’engin, lober le vase sis sur le buffet bas et marquer un but dans la fenêtre fermée éclatant du même coup, la vitre et le tambour.

Maurice est un homme charmant, sauf qu’il est un peu maladroit des pieds. Cela ne le gène pas trop dans ses activités manuelles, mais dès qu’il se déplace, ses pieds ne vont pas à l’obstacle, c’est l’obstacle qui va aux pieds. Sa vie est une ruelle toujours semée d’embûches, sa route un chemin de croix doublé d’un parcours d’obstacles. Rien à voir avec chantilly et sa crème!

Le but était atteint et le tambour explosé.

 

Avec les gosses les occasions de cadeaux se succèdent à grande vitesse.

Après Noël vient l’anniv.

L’ami de la famille n’a pu se déplacer, et, comme un malheur n’arrive jamais seul, un autre ami s’est déclaré, beau comme un sous neuf et propre sur lui les bras chargés d’offrandes dont une trompette. Un magnifique instrument en plastique rose avec embout jaune. La sonorité était curieuse, pas dénuée d’intérêt mais abominablement stridente et particulièrement incompatible avec un équilibre psychologique permettant une vie sociale harmonieuse.

Les voisins ont quitté l’immeuble, le quartier s’est dépeuplé, Maurice a perdu son boulot et Mauricette l’estime de soi.

Aussi, avant d’exploser en vole et d’infliger à sa cervelle des dégâts irréversibles, suite à une  manœuvre audacieuse, Maurice a roulé, avec sa voiture, sur la trompette et l’a écrasé en mille morceaux.

Maurice est maladroit des pieds et des pneus.

Le moral du quartier s’est alors regonflé comme une chambre à air neuve mais André animé par l’obstination des âmes simples est resté en adoration devant le plastique rouge, l’embout jaune et le son aigu de l’instrument de torture déjà utilisé par des guerriers zoulous en pleine boer.

 

C’est alors qu’il est tombé devant LE spectacle culturel de cette fin d’année scolaire, celui qui concurrence le tour de France, les épreuves du bac,

le spectacle où les valeurs fondatrices d’une société fraternelle guidée par des traders désintéressés et des politiciens compétents, prend toute sa signification,

le spectacle qui se joue des différences sociales et raciales,

le spectacle interplanétaire :


Le concert de vuvuzela!

 

                                         

 


donné par des sud africains en illustration du spectacle d’un groupe folklorique français composé de jongleurs de ballons mené par le roi du pipo, Anelkaka, un homme au regard vide, au vocabulaire frustre mais imagé, sans langue de bois. Un homme capable de  trouver le mot juste en toute circonstance. Parmi les acteurs principaux de cette troupe, Riberrikiri, l’homme qui a du fromage blanc et mou à la place du cerveau. Un dribbleur génial, bien meilleur dans les vestiaires que sur le terrain. Le nez dans le gazon, il sent la bouse. La vache ! Au pas de tir, pas de tir. Sa devise, « toujours plus haut ». Il parle des cours de la bourse évidemment.

Il y a  le vieux sage, Gagalas, qui cours après la balle sans jamais la rattraper…Il a des circonstances atténuantes car ses chevilles ont beaucoup enflées et le reste a suivi. Légo en particulier, petit inconscient qui monte un mur de brique pour le couper des réalités.. 

Il y a Riton le mal aimé, un vieux lui aussi, une sorte de clown blanc, pas aimé des jeunes. Ingrat ces jeunes ! Il a été de trente campagnes, glorieuses et moins glorieuses, maintenant il ramasse des casquettes.

Ce groupe folklorique a dansé dans le stade, a pris des grosses caisses.

Puis il s’en est allé, traînant derrière lui un petit chien aux poils blancs, une sorte de roquet qui aboie mais ne mord pas, le petit Raymond comme il l’appelle affectueusement.

En fait ce n’était pas un groupe folklorique mais un cirque itinérant.

 

Mais, grande satisfaction pour André. Les concerts de vuvuzela continuent dans des stades plein à craquer, couvrent les voix autorisées des commentateurs officiels, atténuent la douleur des départs à la retraite,  ramènent de la sérénité sur les comptes en Suisse.

 

Il parait que Villepin a offert une vuvuzéla à Sarkosy, un cadeau d’une valeur inestimable. Chirac l’a promue premier art premier des arts premiers. Mitterrand  (pas lui…l’autre) a  réussi à intégrer la vuvuzela parmi les instruments inscrits au patrimoine universel du mauvais goût de l’humanité.

Comble de la réussite, Drucker présente une fois par an, les vuvuzelas d’or, suivies des Michel Clacksons d’argent et des Jean Cornemuses de bronze.

Les syndicats ont adopté la vuvuzela dans les manifs.

Enfin, consécration suprême, Roselyne, ici et tailleur rose, couleur vuvuzela, cautionne l’instrument en couinant à l’Assemblée Nationale.

 

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Published by PIGA - dans humour
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commentaires

Nettoue 08/07/2010 15:43


Je découvre ton blog avec intérêt. j'ignorais l'existence de la Vuvuzela avant ce mondial ! Merci d'avoir partager son histoire
Amicalement
Nettoue


Atango 30/06/2010 19:26


Gééééniaaal ! J'ai moi-même écrit contre la vuvuzela sur mon blog, mais avec 1000 fois moins de talent. Braaavoooo !


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