Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 14:42

Les professeurs coordonnateurs se sont réunis pour une mission de la plus haute importance.

Les fournitures scolaires.

S'agissant d'un sujet sensible à haute valeur ajoutée, le Principal supervise le mode opératoire.

Il s'agit d’harmoniser la taille des cahiers et la couleur des crayons, opération menée tous les ans avec un succès mitigé proche de zéro. Cependant, l'opiniâtreté des participants à cette campagne de grands risques est à mettre à leur crédit d'autant plus qu'existe une pression des parents d'élèves car leurs chers petits craignent la scoliose, maladie virale venue d'Amérique du sud avec la myxomatose. Cette maladie véhiculée par les oies sauvages a envahi les esprits plus que les corps, et les parents, incapables de vérifier, le soir, le sac des petits chéris, s'en remettent aux services éducatifs pour en réduire le poids. Je parle des cartables et non pas des petits chéris.

D'où la réunion sus mentionnée dont l'objectif est d'alléger les cahiers sans réduire l'apport éducatif tout en préservant la spécificité de chaque matière désireuse de conserver son impact instructive indispensable au bon fonctionnement de l'école.

Le prof de français est très attaché à son classeur à huit anneau, le prof de sciences est très désireux de voir ses cours sur un cahier format européen de quatre vingt dix huit pages, le prof de math veut un format américain de deux cents pages, le prof de langue ne transigera pas sur un petit cahier de cent pages avec spirales. Le prof de latin est d'accord pour abandonner sa chemise cartonnée à élastique, mais pas au prix de rejoindre le clan des fiches plastifiées et trieurs grande contenance.

Mais loin de moi l'idée d'émettre un avis négatif sur la capacité du monde de l'enseignement à surpasser son corporatisme : le gros de la troupe se rejoint sur les quatre stylos de couleurs, la gomme et le crayon papier, le blanco, le compas et l'équerre, un tube de colle, des feutres, une règle graduée, un petit rapporteur, le diapason, une clé des champs.

La liste ressemble en tous points à celle de l'an passé, elle sera communiquée aux impétrants qui mettront à profit le mercredi après midi pour envahir le super marché idoine.

La mère fonctionnellement programmée aux corvées ménagères et expéditions dangereuses se désigne. Elle accompagne son fils dans ses achats, suivie de sa fille, la petite sœur du collégien et de sa mère, la grand mère de la sœur et la mère de la mère. Il n'est pas question pour la grand mère de ne pas mettre son nez dans la vie de sa fille et le cartable de ses petits enfants. L'apport éducatif d'un grand parent n'est plus à prouver car il ne l'a jamais été.

Pourquoi faut-il que les filles soient toujours affublées d'une maman-qui-gère-tout ? Écoutez un conseil d'ami : épousez des orphelines dont la mère est morte en couches.

Ce mercredi là, le super marché est saturé de vieux comme un diabétique de sucre. Overdose. Il est à la limite du coma octogénaire. Ne vous faites pas d'illusion, un samedi, c'eut été pareil. Le vieux est attiré par la course à l'instar de la mouche attirée par la merde ou le politicien par la langue de bois.

La grande surface est devenue une annexe de la maison de retraite, celle où le vieillard en manque de chaleur humaine cherche à rencontrer ses complices ou tout simplement à voir le monde des valides en activité.

A l'entrée ça bouchonne. Une dame de grande valeur, si la valeur s'acquière à l'ancienneté, a perdu le contrôle de son caddie. Elle s'est encastrée dans le déambulateur d'un tuberculeux à casquette qui s'est raccroché aux portes jarretelles de sa voisine de porte tournante. Agréablement surprise de l'audace mais désireuse de conserver sa virginité, elle balaie l'impétueux de sa canne blanche. Un grand gars plié en deux, au front dégarni s'interpose.

Le vigile, appelé en renfort dégage l'entrée au gaz lacrymogène. Puis il charge à la matraque, demande le renfort du canon à eau. La police municipale fraîchement sortie de la cafétéria reste désarmée et opère une prudente fuite en arrière.

Notre petite troupe à nous, celle du collégien, tente une approche prudente du rayon « fournitures scolaires » par le chemin des écoliers, évitant les turbulences du rayon « légumes », snobant l'appel d'air du rayon « vins et spiritueux ». Devant les cahiers de couleurs et les crayons noirs un gros tas de viande extatique stationne. Difficile de le contourner. Il faudrait l'escalader. En fait, il s'évacue de lui-même tout en gardant l’œil inspiré et se plante en face du rayon d'à côté à la recherche du temps perdu ou des illusions retrouvées.

La consultation du rayon est un jeu d'enfant, il manque à peu près tout et le reliquat n'est pas de la bonne marque. L'élève repartira avec un crayon rouge et la promesse d'aller, le samedi suivant, vider les stocks de la concurrence.

Pour sortir enfin, tard dans la soirée, il faudra encore passer à la caisse, endurer une brave femme qui compte ses pièces, s'aperçoit qu'il en manque, sort sa carte bleue dont elle oublie le code, se rabat sur son chéquier mais n'a pas de carte d'identité, s'en va en oubliant son caddie.

Partager cet article

Repost 0
Published by PIGA
commenter cet article

commentaires

Le Blog De Piga

  • : C'est la rentrée! Le blague blog de PIGA
  • C'est la rentrée! Le blague blog de PIGA
  • : C'est la rentrée, c'est encore la rentrée, c'est toujours la rentrée!
  • Contact

Profil

  • PIGA
  • Issu du croisement entre une solide lorraine et un léger gascon, j'ai attendu la force de l'âge pour m'investir dans la littérature et commettre des textes qui enrichiront les décharges publiques.
  • Issu du croisement entre une solide lorraine et un léger gascon, j'ai attendu la force de l'âge pour m'investir dans la littérature et commettre des textes qui enrichiront les décharges publiques.

Recherche

PIGA en librairie


Autres forfaits de PIGA...